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Vernissage le vendredi 25 septembre dès 18h00

Exposition visible du 25 septembre au 3 octobre 2026

tous les jeudis et vendredis, de 14h à 18h
ou sur rendez-vous:
contact@legraincreation.ch

25.09.2026 - 03.10.2026

expect extremely poor performance

Morgan Carlier

Projet curatorial d'Extra.Collective

MORGAN CARLIER VAN-ELSLANDE

Morgan est un.e artiste et photographe basé.e à Genève (CH). Formé·e en photographie appliquée, sa pratique est traversée par une fascination et une résistance simultanées aux contraintes formelles du médium, à ses codes, conventions ainsi qu’à ses cadres techniques et institutionnels, qu’iel réapproprie et transforme activement à travers une approche transdisciplinaire de la production d’images. Son travail s’étend au-delà de la photographie vers la sculpture, l’image mise en scène, la photographie performative, la CGI, le son, la vidéo et l’installation.

Au coeur de sa pratique se trouve un intérêt pour l’incarnation d’états émotionnels et de récits construits, en habitant ce qu’une image peut contenir plutôt qu’en se limitant à ce qu’elle représente. Cela se prolonge dans l’installation par une attention soutenue à l’ironie, à la visibilité des processus et à l’artificialité de la fabrication des images, interrogeant la manière dont celles-ci sont produites, vécues et exposées.

Ses images se déploient fréquemment dans des paysages dramatiques : couchers de soleil, montagnes, ciels, océans, où des couleurs saturées et des lumières changeantes génèrent une atmosphère intense et irréelle.

EXTRA.COLLECTIVE

Extra.Collective est né à Genève de la rencontre entre Tara Ulmann (alias Tati) et Vanessa Cimorelli (alias Vano), deux artistes et curatrices issues de parcours pluriels.

Tara, d’origine irano-franco-algérienne, a étudié la photographie et les arts visuels à l’ECAL. Sa pratique interroge les questions transculturelles et identitaires, les héritages culturels et l’écriture de l’intime sous un prisme décolonial et queer.

À travers la sculpture, l’installation et la performance, elle met en tension des textes poético-théoriques qu’elle qualifie d’« anti-académiques ». Elle intègre ensuite le collectif one Gee in Fog, où elle ancre sa démarche dans une approche plus curatoriale et théorique.

Vanessa, d’origine italienne, a étudié le graphisme, la littérature et les sciences sociales, avant de se spécialiser en études curatoriales à la HEAD – Genève.

Nourrie par sa passion pour les mots et la recherche, elle critique le manque d’expérimentation dans les institutions traditionnelles et choisit de se consacrer pleinement à l’art comme espace de liberté et d’expression.

De cette rencontre naît Extra.Collective, décrit par ses fondatrices comme une “bombe d’amour”.

Le terme Extra renvoie au chiffre trois en numérologie : celui de l’expression, de la communication et du don, sans attente de retour. Le collectif s’est donné pour mission de créer des espaces d’expérimentation et de transmission où les artistes émergent, se rencontrent et explorent ensemble des formes de création fondées sur l’union, la bienveillance et l’amour.

Le Grain a le plaisir d'accueillir Morgan Carlier invité par Extra.Collective. 

Trois figures occupent l’espace. Trois âges, trois présences — peut-être trois versions d’un même corps. Elles se ressemblent sans tout à fait se reconnaître. Chacune semble avoir appris les gestes du soin : respirer, tenir, courir, recommencer. Le wellness affleure comme une langue étrangère devenue familière, une manière de discipliner le corps tout en lui promettant la paix.

Dans son travail, Morgan Carlier explore les zones de friction entre intériorité et représentation, entre construction de soi et mise en scène des corps. Ses œuvres empruntent aux images et aux gestes du quotidien pour faire surgir des situations instables, où le familier se trouble et où les formes semblent toujours sur le point de se transformer. Ici, la vidéo, les impressions et les éléments de production composent un espace mental autant qu’un décor : un lieu où les identités circulent, se rejouent et se défont.

Quelque chose, pourtant, résiste à l’alignement.

Le corps enfantin pousse de travers. Ses proportions hésitent, ses contours débordent. Il ne correspond encore à aucune image stable et semble contenir toutes celles qu’il pourrait devenir. Autour de lui, les autres figures rejouent des gestes dont la fonction s’est perdue. Elles s’entraînent peut-être à vivre, à apparaître, ou simplement à ne pas disparaître.

Une pensée intime est mise en spectacle. Elle quitte l’obscurité dans laquelle elle s’était formée pour devenir image, mouvement, surface. La vidéo en recueille les répétitions et les déraillements, comme si une caméra s’était introduite à l’intérieur du crâne. Peu à peu, le réel prend l’allure d’un décor et le décor celle d’un souvenir.

Un tapis de course ne mène nulle part. Les impressions blueback recouvrent l’espace comme des fragments d’affiches arrachées ou les signes annonciateurs d’un film qui n’existe pas encore. Les matériaux de production restent visibles : le spectacle ne cherche pas à dissimuler sa fabrication. Il laisse apparaître ses coutures, ses accessoires, l’épuisement derrière la promesse.

Tout semble sur le point de commencer, ou d’avoir déjà eu lieu. Les trois figures demeurent là, prises entre apparition et perdition, tandis que leurs images continuent de courir à leur place.

— Extra.Collective

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